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Comment le tapir pourrait sauver la forêt amazonienne

Mai 19, 2020 | economie | 0 commentaires



Comment le tapir pourrait sauver la forêt amazonienne

Le tapir, ce paisible mais massif mammifère ongulé, pourrait jouer un rôle clé dans la régénération des forêts dans lesquelles il vit. Grâce aux nombreuses graines qu’il transporte et rejette dans ses excréments. Et avec le coup de pouce d’un compère bien plus discret…

Un corps massif, une peau épaisse, de larges dents, une trompe qui lui sert à attraper sa nourriture. Voilà en quelques mots comment se décrit le tapir, ce mammifère ongulé vivant de nuit. On le trouve dans la forêt amazonienne. Mais sa population diminue sous l’effet des pertes d’habitat et de la chasse. À tel point que le tapir des plaines est désormais considéré comme une espèce vulnérable.

Au Brésil, le tapir est pourtant connu comme « le jardinier des forêts ». Parce qu’il se nourrit de plus de 300 espèces végétales différentes. Et ce faisant, il disperse des graines — y compris celles de grands arbres — en se déplaçant à travers les sous-bois. Notamment par le biais de ses excréments. En tant que grand herbivore, le tapir produit une quantité importante d’excréments qui pourraient aider à reboiser les parcelles de forêt amazonienne touchées par des incendies, par exemple. Une perspective qui intéresse particulièrement Lucas Paolucci, chercheur à l’université fédérale de Viçosa (Brésil).

Depuis 2016, il étudie le rôle que pourrait tenir le tapir dans la restauration de cette forêt abîmée par les activités humaines. À grands renforts de pièges photographiques, d’imagerie aérienne et d’observations de terrain. Objectif : mesurer la densité et l’abondance des excréments de tapirs en divers endroits de la forêt amazonienne.

Le bousier, bras droit du tapir

Lucas Paolucci a ainsi découvert que les tapirs semblent apprécier tout particulièrement les zones abîmées — des zones brûlées pour l’expérience. Ils y sont deux fois plus présents qu’ailleurs. Et ils déposent dans ces zones, trois fois plus de graines par hectare que dans les zones de forêt vierge. C’est-à-dire pas moins de 10.000 graines par hectare, dont moins de 1 % semble endommagé. Combien pourront réellement germer reste un mystère.

Quelques mois seulement après la publication de ces premiers résultats, l’Amazonie a été en proie — à l’été 2019 — à de terribles incendies. De quoi encourager Lucas Paolucci dans la poursuite de ses travaux. En envisageant, par exemple, que des insectes puissent venir soutenir le labeur du tapir en matière de régénération de la forêt. Les bousiers ont en effet pour habitude de prélever des parts de matière fécale pour les enterrer et revenir les déguster plus tard. Enterrant ainsi également les graines qu’elles contiennent.

Lucas Paolucci vient de mener une expérimentation visant à évaluer la quantité de graines susceptibles d’être ainsi plantées dans le sol. Les résultats restent encore à publier. Mais la solution pourrait bien devenir la plus économique qui soit en matière de restauration à grande échelle des forêts tropicales. Une bonne nouvelle pour la séquestration du carbone et la préservation de la biodiversité.

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