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La pollution de l’air aggrave la rhinite

Fév 15, 2020 | economie | 0 commentaires



La pollution de l'air aggrave la rhinite

Nez bouché, coulant, éternuements… La rhinite, petit rhume bénin et fort répandu, s’accompagne cependant de multiples désagréments et d’une certaine fatigue qui ralentit les tâches quotidiennes. Des chercheurs ont concentré leurs recherches sur une possible association entre le degré de pollution atmosphérique et la sévérité des rhinites chez l’adulte à long terme ?

Souvent considérée comme bénigne, la rhinite peut affecter de façon importante la qualité de vie et réduire les performances scolaires ou professionnelles. Elle se manifeste par des éternuements, un nez bouché ou qui coule ou encore des démangeaisons, indépendamment d’un rhume. Des symptômes qui peuvent altérer le sommeil, l’humeur… La maladie peut être d’origine allergique ou associée à l’asthme, mais elle peut aussi être indépendante des deux. Selon les études épidémiologiques et en fonction des pays, entre 20 à 50 % des individus sont sujets à la rhinite.

Objectifs et méthodes

Pour en savoir plus au sujet de l’impact à long terme de la pollution atmosphérique sur cette maladie, deux équipes Inserm (hôpital Paul Brousse de Villejuif et Institut de recherche en santé, environnement et travail) ont étudié leur association. Pour cela, les chercheurs ont utilisé les données de deux cohortes destinées à l’étude des maladies respiratoires, de façon à disposer d’informations bien documentées relatives à la rhinite. Il s’agit de l’Étude épidémiologique des facteurs génétiques et environnementaux de l’asthme (EGEA), une cohorte française incluant des sujets asthmatiques, leur famille et des témoins de la population générale, et de l’European Community Respiratory Health Survey (ECRHS), une cohorte européenne associant 28 pays, composée de jeunes adultes issus de la population générale. Au total, ce travail a inclus 1.408 adultes, âgés de 52 ans en moyenne, vivant dans 17 villes européennes, qui déclaraient avoir présenté une rhinite au cours des douze derniers mois (entre 2011 et 2013).

Un score associé à la sévérité de la rhinite a été défini pour chaque participant, compris entre 0 à 12 selon l’intensité de la gêne pour réaliser ses activités quotidiennes causée par les symptômes : peu sévère (0-2), légèrement sévère (3-4), modérément sévère (5-6) et très sévère à partir de 7. Le score de sévérité médian observé était de 4. En parallèle, les auteurs ont utilisé les niveaux de pollution sur les lieux de résidence des participants, obtenus grâce au projet Escape (European Study of Cohorts for Air Pollution Effects). Au cours de cette étude, les taux d’azote (NO2), de particules fines de diamètre inférieur à 10 et inférieur à 2,5 µm (PM10 et PM2,5), ainsi que la densité et l’importance de la circulation automobile ont été modélisés dans plusieurs villes européennes.

Une pollution urbaine élevée entraîne-t-elle des symptômes plus sévères ?

L’analyse statistique montre une association significative entre pollution à long terme et sévérité de la rhinite. Mais plusieurs précisions s’imposent. Avec les particules fines PM10 et PM2,5, il existe un « effet dose » : plus la concentration en particules augmente, plus la sévérité de la rhinite augmente. En revanche, aucune association n’a été retrouvée entre trafic automobile et sévérité de la rhinite, alors que celui-ci est fortement émetteur de particules fines. Une contradiction qui pourrait s’expliquer par un problème méthodologique de recueil des données du trafic. Enfin, il existe également une association significative entre concentration de NO2 et sévérité de la rhinite. Cette association n’est pas « dose-dépendante », mais les individus les plus exposés à cette pollution ont en moyenne une rhinite plus sévère que ceux qui le sont moins.

Autre nuance importante, ces associations sont plus fortes chez les personnes présentant une rhinite non allergique et non asthmatiques et décroissent fortement en cas de rhinite allergique ou d’asthme. « Ces résultats doivent cependant être interprétés avec précaution compte tenu des faibles effectifs dans ces deux dernières catégories. Néanmoins, ces différents types de rhinites ont des mécanismes physiopathologiques différents : il n’est donc pas tellement étonnant que les résultats divergent en fonction de la présence d’asthme ou de sensibilité allergique. Les effets de la pollution sur la santé respiratoire pourraient interférer avec un type de rhinite et pas un autre », estime Bénédicte Jacquemin, responsable de ces travaux à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail de Rennes.

Quel lien entre la pollution urbaine et l’augmentation des allergies ?

Article de Caroline Lepage, publié le 11 février 2005

Depuis quelques années, le nombre de personnes atteintes d’asthme et d’allergies ne cesse d’augmenter. Pas facile de comprendre la cause d’un tel phénomène cependant, pour les médecins, la relation entre allergies et pollution paraissait évidente. Une étude récente apporte de nouveaux éléments à l’enquête…

L’allergie provient de la réponse de l’organisme à la présence d’allergènes, encore appelés antigènes, considérés comme des corps étrangers. Nos anticorps, ou immunoglobulines E (IgE) spécialisées dans la réaction allergiques et fabriquées par les lymphocytes B, les traquent sans relâche. Ces allergènes, de nature protéique, peuvent provenir de toutes parts : les trophallergènes sont issus de l’alimentation, via le tube digestif (œufs, produits laitiers, fruits, légumes, crustacés, etc.), les pneumallergènes sont véhiculés par les voies respiratoires (pollen des plantes, acariens, polluants présents dans l’air, etc.), mais les allergènes sont également présents dans les médicaments, ou les venins.

Allergènes et pollution font bon ménage !

Lors d’un premier contact avec l’allergène (phase dite de sensibilisation), le corps l’identifie et garde en mémoire sa structure (qui d’ailleurs est souvent très proche d’un allergène à l’autre chez les plantes). Une armée d’IgE est déjà sur le pied de guerre, prête à combattre lors d’une invasion future… L’allergène pénètre à nouveau dans l’organisme et son contact avec les IgE déclenche la libération d’une dose massive d’histamine qui file vers les organes exprimant les symptômes de l’allergie (les yeux, le nez, la peau, les poumons, etc.) : voilà comment asthme, urticaire, eczéma, gonflement des yeux et réactions digestives apparaissent aussi soudainement !

Une étude publiée par Ulrich Pöschl, chimiste à l’Université Technique de Munich en Allemagne, dans la revue Environmental Science and Technology reprend le fruit de précédents travaux qui établissaient clairement un lien entre la pollution de l’air par les gaz d’échappement du trafic et la progression des allergies. Pöschl est parvenu, lui, à désigner un suspect : la nitration des allergènes ! Son hypothèse ? Les gaz d’échappement des automobiles rendraient les protéines potentiellement allergènes présentes dans l’air bien plus puissantes, d’où une augmentation du nombre d’allergies dans les zones urbaines !

La tyrosine au banc des accusés

En effet, les gaz d’échappement libèrent du dioxyde d’azote (NO2) dans l’atmosphère. Or, il avait déjà été démontré que les protéines (autrement dit les allergènes), une fois nitrées liaient plus fortement les anticorps. L’équipe de Pöschl a d’abord collecté des échantillons de poussière urbaine, y observant jusqu’à 0.1% de protéines nitrées. Puis, elle s’est penchée sur le cas des protéines allergéniques du pollen de bouleau volontairement placées à une intersection de rue très fréquentée (donc particulièrement polluée par le NO2 des gaz d’échappement) de Munich pendant quelques jours. Le phénomène de nitration y était encore plus important puisque le taux de protéines nitrées montait alors à 10% !

L’air pollué par le NO2 réagit avec la tyrosine -un acide aminé- qui entre dans la composition des protéines présentes dans l’atmosphère, la transformant en nitrotyrosine. La protéine du pollen du bouleau a, par exemple, 7 résidus tyrosines. De ce fait, elle est facilement modifiée par la fumée du trafic. Il se trouve que cette nitrotyrosine de l’allergène, une fois dans l’organisme, serait un puissant signal d’attraction pour les anticorps, d’où une réaction allergique amplifiée. D’après le chimiste allemand, la nitration pourrait stimuler le pouvoir des allergènes présents dans l’air, voire même rendre allergènes des protéines qui ne le sont pas a priori. Evidemment, les citadins sont alors plus exposés au risque de développer des allergies. Seule solution : partir vivre à la campagne… ou réduire enfin, de façon efficace, les émissions de gaz d’échappement !

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