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La surface des villes pourrait être multipliée par six d’ici 2100

Mai 17, 2020 | economie | 0 commentaires


Selon l’ONU, près de 70 % de la population mondiale vivra en ville d’ici 2050. Contre « seulement » 55 % aujourd’hui. Un mouvement d’urbanisation galopant. Et une estimation renforcée aujourd’hui par des travaux de chercheurs qui prévoient sur la surface occupée par les villes dans le monde pourrait être multipliée par près de six d’ici 2100 !

Entre 1985 et 2015, chaque année, près de 10.000 km2 de terre — c’est un peu moins que la superficie de l’Île-de-France — ont été investis par la ville dans le monde. C’est la conclusion d’une étude basée sur des images satellites très précises. Sur cette période, la surface occupée par les villes est passée de quelque 360.000 km2 à plus de 650.000 km2. Soit une augmentation de 80 % environ. Un taux d’urbanisation mondial sans précédent. Quatre fois supérieur aux estimations précédentes.

Mais à en croire les projections de chercheurs de l’université du Delaware (États-Unis), cela n’est rien comparé à ce qui nous attend d’ici la fin du siècle. Si la tendance de l’urbanisation se poursuit, la surface occupée par les villes pourrait atteindre les 1,6 million de km2 en 2100. Une superficie de presque deux fois et demie celle de la France. Et dans les scénarios extrêmes, la superficie des villes du monde pourrait même être multipliée par six !

Il existe plusieurs modèles de développement urbain.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont d’abord penchés sur les données mondiales portant sur divers aspects de l’urbanisation. Y compris des images satellites fournissant un aperçu détaillé du développement urbain. Ce travail leur a permis de dégager trois grandes catégories : urbanisé, urbanisation régulière et urbanisation rapide. « Et les pays passent de l’un à l’autre au fil du temps », indique Jing Gao, spécialiste en sciences des données, dans un communiqué.

La surface des villes pourrait être multipliée par six d'ici 2100

L’urbanisation et ses conséquences

Après cela, les chercheurs ont divisé le monde en 375 régions. Ils ont alors exécuté un modèle unique pour chacune d’elles et reconstitué les résultats de tous les modèles pour éditer une carte mondiale de l’urbanisation. De quoi faire la lumière sur la façon dont nos villes peuvent changer.

Mais il ne faut pas perdre de vu que l’urbanisation dépend largement des tendances sociétales des années à venir. Ainsi les tendances de croissance économique, de changements démographiques ou d’habitudes de vie et d’impact environnemental. Et peut-être même, la crise du coronavirus que nous vivons actuellement. Quel que soit le scénario, la plupart des pays devraient tout de même s’urbaniser d’ici la fin de ce siècle.

Toutefois, dans un monde qui se concentre sur le développement d’activités et d’une économie durables, la croissance des villes sera moindre. Dans un monde matérialiste qui s’appuie sur les combustibles fossiles, en revanche, la superficie des villes pourra être multipliée par trois en Europe et en Asie du Sud-Est et par quatre aux États-Unis. Les chercheurs espèrent que ces projections viendront éclairer les politiques urbaines. Car une telle croissance se fera au détriment des terres agricoles ou autres et pourrait avoir des conséquences inattendues comme une exposition potentielle accrue aux inondations.

Durban : l’irréversible urbanisation de l’humanité

Lundi s’ouvrira la 17e Conférence des Nations unies sur le changement climatique. L’un des enjeux sera l’urbanisation croissante de la population mondiale.

Article de Jean-Luc Goudet paru le 25/11/2011

En ce début de XXIe siècle, l’humanité vit un événement majeur : la majorité de la population mondiale habite en ville. L’Homo sapiens typique n’est plus un agriculteur mais un citadin. Il ne produit plus de la nourriture mais des biens ou des services. Il marche sur du ciment plutôt que sur de la terre, oublie le nom de nombreuses espèces vivantes, ne regarde plus les étoiles et n’écoute plus beaucoup les oiseaux.

Première partie : répartition de la population urbaine et rurale dans le monde (en milliards) depuis 1950 et jusqu’en 2050 (évaluation), dans les pays en développement et les pays développés. Seconde partie : urbanisation des plus grandes métropoles du monde, comparaison entre 2009 et 2025 (évaluation). © ide.fr

L’urbanisation est aussi un phénomène concentrationnaire qui, localement, accroît la pollution, la dégradation de l’environnement et les besoins, notamment en eau. Les discussions qui vont être menées à Durban, pour la 17e Conférence des Nations unies sur le changement climatique, ou COP 17/CMP 7, devront prendre en compte cette évolution décisive et irréversible.

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Réduire l’impact environnemental des villes grâce à la nature  À l’heure actuelle, les aires urbaines n’occupent que 3 % de la surface terrestre, mais elles émettent près de 72 % des gaz à effet de serre. Alors que les villes se développent toujours plus vite, comment réduire leur impact environnemental et améliorer la qualité de vie des citadins ? Selon le projet européen Urban Green UP, les solutions viennent de la nature. 

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