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pourquoi les abattoirs sont-ils devenus les nouveaux foyers d’infection ?

Mai 20, 2020 | economie | 0 commentaires



pourquoi les abattoirs sont-ils devenus les nouveaux foyers d'infection ?

Les nouveaux foyers de contamination se multiplient dans les abattoirs en France, mais aussi en Europe, aux États-Unis ou en Australie. Mauvais respect des règles sanitaires, le froid, les conditions de travail ou de nouveaux vecteurs de contamination : pourquoi ces lieux sont-ils particulièrement exposés ?

Dans un abattoir des Côtes d’Armor, 69 cas positifs détectés, 54 autres cas dans l’abattoir de Fleury-les-Aubrais près d’Orléans, et une vingtaine de personnes contaminées par le Covid-19 dans une entreprise agroalimentaire d’abattage de volailles en Vendée… Les abattoirs font partie des lieux les plus touchés parmi les nouveaux foyers de contamination en France.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas unique à la France : Irlande, Allemagne, Australie ou États-Unis, des centaines de cas avérés sont recensés dans les abattoirs ou les usines de transformation de viande. Selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), près de 4 % des salariés de cette industrie auraient été contaminés par le Covid-19 aux États-Unis depuis le début de l’épidémie.

Les abattoirs sont pourtant soumis à des règles d’hygiène strictes. « On a de toute façon, toute l’année, des masques, du gel hydroalcoolique, des vêtements intérieur et des vêtements extérieur. On est dans l’agroalimentaire, au niveau de l’hygiène, ça ne rigole pas », assure à l’AFP Abdel Bouchra, délégué du personnel CGT de l’abattoir de Fleury-les-Aubrais. Alors comment expliquer la vague de Covid-19 qui touche les abattoirs ?

Un meilleur dépistage

« Quand on cherche, on trouve », résume Jeanne Brugère-Picoux, professeure honoraire de l’École nationale vétérinaire d’Alfort et membre de l’Académie nationale de médecine. « Les salariés des abattoirs étaient certainement tout aussi touchés durant le confinement mais on ne le savait pas car aucun test n’était effectué au sein des entreprises ou dans l’entourage ». Le simple fait d’avoir continué à fonctionner pendant le confinement, contrairement à d’autres industries, peut aussi conduire à un effet loupe, soulignent les professionnels du secteur.

Une grande promiscuité

C’est moins vrai en France, mais dans de nombreux pays qui ont enregistré d’importants foyers de contamination dans les abattoirs, la main d’œuvre est largement constituée de salariés étrangers. À l’abattoir de Birkenfeld, en Rhénanie-Palatinat, à l’ouest de l’Allemagne, où 300 ouvriers ont été contaminés par le Covid-19, les deux tiers des employés sont roumains. Des ouvriers souvent entassés dans des logements communs où ils partagent des chambres à plusieurs.

« La propagation de la pandémie dans les abattoirs est principalement due aux logements exigus et aux bus de transport pleins entre les lieux de travail et de résidence », affirme Susanne Uhl, directrice régionale de la DGB Schleswig-Holstein Nordwest, au journal allemand Die Tageszeitung.

Sur ma ligne, on est une douzaine à la découpe, parfois on se touche, au mieux on est à 50 centimètres les uns des autres

De mauvaises conditions de travail

« La réduction des espaces de travail a entraîné pour les opérateurs une promiscuité plus grande et a restreint leurs marges de manœuvre individuelles », indique un document publié en 2003 par l’Institut national de recherche et sécurité (INRS) portant sur les conditions de travail dans les abattoirs.

Pour ne rien arranger, « les salariés ont tendance à banaliser, voire à nier le risque ». De nombreux employés confirment que les règles d’hygiène sont difficiles à respecter.

« Sur ma ligne, on est une douzaine à la découpe, parfois on se touche, au mieux on est à 50 centimètres les uns des autres », témoigne ainsi un salarié d’un abattoir breton sur France 3 Bretagne. Mais, pour Mathieu Revest, responsable médical des maladies infectieuses émergentes au CHU de Rennes, le virus ne se serait pas propagé à l’intérieur de la chaîne de production, mais plutôt dans les vestiaires, les salles de pause ou les parkings où les règles de sécurité sont moins bien appliquées.

Un milieu propice au coronavirus

« Une atmosphère froide et humide et un milieu confiné, rien de tel pour attraper un virus », résume Jeanne Brugère-Picoux. Dans les ateliers de découpe, la température doit être inférieure à 12 degrés et on descend même à 4 degré dans les zones de précongélation.

De plus, les salles sont en permanence nettoyées au jet d’eau, ce qui peut disséminer les particules infectées dans l’air. Or, on sait que le virus survit plus longtemps sur des surfaces humides et qu’il apprécie les basses températures.

Les salles sont en permanence nettoyées au jet d’eau, ce qui peut disséminer les particules infectées dans l’air

Autre élément en cause : la ventilation et la climatisation. « Les systèmes d’aération font du recyclage, en faisant tourner le même air sans apport d’air extérieur. À partir du moment où il n’y a pas de renouvellement d’air, c’est un facteur aggravant », explique à France 3 Yvon Le Flohic, médecin généraliste à Ploufragran dans les Côtes d’Armor.

Une contamination animale ?

Les salariés pourraient-ils avoir été infectés par les carcasses d’animaux contaminés ? Lors de l’épidémie de Mers en 2012, une étude avait montré qu’une grande partie des dromadaires conduits à l’abattoir à Doha, au Qatar, était porteuse du coronavirus Mers-CoV. « Les abattoirs sont des vecteurs de sa circulation et des zones à haut risque pour l’exposition humaine », notaient alors les chercheurs.

Impossible dans ce cas présent, affirme Jeanne Brugère-Picoux. « On n’a aucune indication que le virus peut se transmettre d’un animal à l’Homme. C’est même plutôt l’inverse. Aux Pays-Bas, un élevage de visons a ainsi été contaminé par les éleveurs », explique la spécialiste qui indique toutefois que les vaches semblent être sensibles au Sars-Cov-2.

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