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Prenons garde au “quête de sens washing” !

Juin 24, 2020 | HACKING ET PARE-FEU, INTRUSION | 0 commentaires


La transition durable d’une entreprise est une affaire sérieuse, qui n’est malheureusement pas encore à la portée de toutes et tous, une telle mission implique en parallèle un très grand nombre de compétences et de responsabilités.

Nous avons été nombreux, acteurs et experts du Développement Durable, à interpeller durant des années les entreprises sur leurs obligations écologiques, sociales et sociétales. Nous sommes heureux de constater qu’il semble communément admis par nos PME et nos grands groupes qu’identifier, partager et rester fidèles à sa raison d’être constituait un geste puissant pour notre société d’une part, et répondait à un impératif collaborateurs d’envergure d’autre part. Mais tandis que ces derniers réclament, à raison, des entreprises toujours plus engagées et démonstratives (un phénomène en outre largement amplifié par la crise sanitaire que nous venons de traverser), ils ne doivent pas pour autant oublier que collaborer au sein d’une organisation qui se serait dotée d’une telle mission implique en parallèle un très grand nombre de compétences et de responsabilités. Les convictions et le militantisme ne suffisent pas. Prenons garde au quête de sens washing en marche et rappelons que la transition durable d’une entreprise est une affaire sérieuse, qui n’est malheureusement pas encore à la portée de toutes et tous.

Le “green washing” est (presque) mort… 

Il y a quelques semaines, une grande entreprise française cotée en bourse a affirmé sa volonté de se doter du statut de “société à mission”. Pour rappel, ce statut a vu le jour dans le cadre de la Loi PACTE, fin 2019, et implique, pour ces convertis, d’intégrer dans leurs statuts constitutifs un objectif lié à l’intérêt général (d’ordre social ou environnemental). L’enjeu de profitabilité est bien évidemment toujours prégnant, en ce qu’il est au cœur même de la notion d’entreprise, et en ce qu’un défaut de rentabilité nuirait inévitablement à cette mission de contribution positive. Aussi, tandis qu’il serait permis de se réjouir qu’une organisation industrielle d’une telle envergure franchisse ce pas, nous avons plutôt, une fois de plus, dû subir les Cassandre du “green & social washing” ! C’est terrible… Parce que c’est faux.

Ce statut recouvre en réalité un grand nombre de contraintes, justement pensées pour refroidir les ardeurs opportunistes de certains, et pour convaincre les plus engagés de prendre des mesures concrètes. A titre d’exemple, rappelons que ce statut exige la constitution d’un conseil de “parties prenantes”, à savoir de tous les acteurs affectés par l’activité de l’entreprise (salariés, actionnaires, sous-traitants, pouvoirs publics, communautés locales…), ou encore que les mécanismes d’engagement ainsi mis en place sont très régulièrement contrôlés. Tout ceci a un coût. Humain en premier lieu, en ce que de nombreux collaborateurs sont sollicités. Mais également financier. Le président directeur général de cette entreprise en question évoquait une charge à hauteur de 2 milliards d’euros pour ses actionnaires… Pour le citer : “ça fait cher le coup de peinture verte !”.

… Place au “quête de sens washing” !

Depuis quelques temps, je constate que le « washing » semble changer de camp, et se déporter malheureusement vers une partie des cadres français, à la fois extrêmement pointilleux concernant les actions de leur employeur ou futur employeur, et dans le même temps relativement inconscients des compétences qu’ils doivent acquérir ou développer eux-mêmes pour être en mesure d’y contribuer… C’est ce que j’appelle le « quête de sens washing », à savoir des discours de candidats au mieux naïfs, au pire très prétentieux, parfois convaincus qu’une alimentation BIO et un mode de transport écolo suffiront à convaincre un recruteur. Et là encore, quelle erreur !

Aujourd’hui plus que jamais, les entreprises à vocation sociétale croulent sous les candidatures, et la grande majorité de ces dernières n’est pas forcément au niveau… Naturellement en effet, un tel investissement suppose une très grande exigence dans le choix des profils sensés accompagner, voire orchestrer, la transition de l’entreprise vers une plus grande justice sociale et une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux.

De nombreuses compétences à développer ou acquérir

La crise liée au Covid nous l’a prouvé : l’entreprise de demain sera décabornnée, digitale, circulaire, et inclusive. Les compétences, surtout liées à la conduite du changement associée, sont donc nombreuses et ô combien complexes : une excellente connaissance des concepts du développement durable, de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), de l’articulation des ODD (objectifs de développement durable) ; une bonne posture, et des capacités de démonstration et d’argumentation solides ; un talent pour l’auto-formation en temps réel et une grande curiosité (les sujets évoluent très vite) ; une forte appétence pour la construction et l’animation de réseaux professionnels d’influence ; une parfaite intégration de l’ensemble des enjeux, et donc des parties prenantes d’une entreprise… En termes de savoir-être, il s’agit de cultiver la ténacité, le courage, l’audace : ce qui est proposé va souvent à l’encontre des schémas classiques, entraînant naturellement des résistances. Il est enfin nécessaire d’apprendre à cultiver son humilité et sa vulnérabilité. On ne connait pas les réponses à tous les défis. On chute souvent et on recommence. On apprend en marchant. Il y a parfois des injonctions paradoxales, des contradictions, des choix à faire…

Travailler dans et pour une entreprise dont on estime la mission utile à la société est sans aucun doute le plus noble des projets, et loin de moi l’idée de freiner les ambitions. Néanmoins, les aspirants doivent comprendre que l’affaire est sérieuse, et que comme ils étaient en droit d’exiger des preuves de leur investissement aux entreprises, ces dernières ne pourront pas, elles non plus, se contenter du déclaratif. La révolution décarbonnée, digitale, circulaire et inclusive a largement commencé. Certains CEO s’en portent aujourd’hui garants. Ils ont besoin d’être entourés de cadres et de managers à la hauteur des ambitions.



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