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Mar 30, 2020 | economie | 0 commentaires


« C’est parti d’un coup de tête ! » Paul*, cinquantenaire qui loue à l’occasion sur Airbnb, a proposé gracieusement trois de ses appartements au personnel soignant de l’hôpital de Strasbourg. On est le 16 mars 2020, c’est son premier post Facebook. Il est repartagé plus de 20 000 fois. 

Des appels, jour et nuit

« J’ai été complètement dépassé par les événements », raconte l’entrepreneur immobilier. C’est notamment grâce à la très structurée communauté Airbnb et surtout à la page du « Club d’hôtes » de Strasbourg, que Paul est mis en relation avec la direction des ressources humaines de l’hôpital. Ils ont de gros besoins, l’annonce tombe à pic. Les soignants qui viennent en renfort n’ont pas de lits, ceux qui habitent loin ne peuvent pas rentrer chez eux et les tours de garde s’enchaînent. « Jours et nuits, ça n’arrêtait pas d’appeler ! À n’importe quelle heure, à la fin d’une garde, au début d’une prise de poste… », raconte celui qui a hébergé des infirmiers anesthésistes venus de Nancy et même de Nice. 

Partout en France, cette initiative fait des émules. À Marseille, Yannick modérateur de la page du Club d’hôtes Airbnb local voit fleurir, lui aussi, les posts de propriétaires. S’il est « agréablement surpris » par cet élan de solidarité, ce n’est pourtant pas la première fois dans sa ville. Certains hôtes Airbnb avaient proposé leur aide, en novembre 2018, après l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne pour reloger les rescapés. Cette fois, face à l’ampleur de l’épidémie, la mobilisation est nationale. Mêmes propositions dans l’Hérault (34), dans les Alpes maritimes (06) ou encore dans l’Eure et Loire (28) – une des régions les plus en demande. 

« Airbnb a répondu à mon appel »

Alerté par cette solidarité citoyenne sauvage et spontanée, le ministre du Logement, Julien De Normandie demande alors à Airbnb de faire quelque chose pour répondre à l’urgence. L’entreprise américaine active son protocole « Open homes » qui répond aux cas de « force majeure ». Comme elle l’a fait en Italie, la société lance, mardi 24 mars, une plate-forme dédiée : « Appart solidaire ». « Airbnb a répondu à mon appel face à l’impérieuse nécessité », se félicite-il, reprenant les mots du président de la République. 

En moins de 24 heures, le ministre s’enthousiasme des chiffres. Jusqu’à présent, plus de 1 000 soignants ont demandé des logements et 3 000 logements ont été mis à disposition sur cette plate-forme singulière. Pour rappel, rien qu’à Paris, le site spécialisé Inside Airbnb recense plus de 50 000 offres d’appartements entiers. 

Pour pouvoir prêter son logement, les conditions sont strictes : il faut avoir un logement entier vacant, libre au moins cinq nuits consécutives et respecter une période de vacance de 72 heures après chaque séjour. Il faut également « cadrer » la remise des clés : l’hôte doit avoir un « boitier à clé ou une serrure connectée » pour permettre une « entrée autonome » du soignant.
Au regard de ces critères, certains hôtes marseillais se sont vus refuser leurs offres. En revanche, l’activité de la conciergerie Luckey spécialisée dans « la gestion d’appartement » – qui appartient au groupe Airbnb – bat son plein.

Un guide de désinfection pour les hôtes

Concernant le ménage, Airbnb met la main à poche. 50 euros sont virés sur le compte de chaque hôte pour un minimum de cinq nuits d’hébergement d’un soignant. Cette somme correspondrait aux prix pratiqués par les entreprises de ménage spécialisées. Mais Paul, lui, n’a trouvé personne pour nettoyer ses trois appartements. Il le fait donc lui-même. Pour Paul et d’autres comme lui, Airbnb a ainsi publié un guide de désinfection pour « pour prévenir la propagation du COVID-19 ».  

Côté soignants, la plate-forme est simple d’utilisation. Il faut remplir un simple formulaire en ligne dans lequel la personne atteste travailler dans un hôpital, un EHPAD ou un centre d’hébergement d’urgence et habiter à plus de 30 minutes ou 30 km de son lieu de travail. Si besoin, Airbnb invite à prouver sa bonne foi en montrant sa carte de soignant et son attestation dérogatoire de déplacement à l’hôte. Mais, l’honneur prime – même si une équipe gère manuellement les demandes et les propositions.

Si le gouvernement associé à l’entreprise américaine tente de cadrer les offres, les réseaux d’entraide continuent de fonctionner hors des clous. À Strasbourg, Paul a d’ailleurs constitué un collectif de propriétaires pour la suite. « Aujourd’hui c’est le coronavirus, demain peut-être une période glacière, après-demain des inondations… Il faut être prêt à plus de partage. C’est vital »prévoit Paul entre deux ménages. 

*Le prénom a été changé. 





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