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Un impact géant sur la Lune a porté les roches à plus de 2.000 °C

Mai 13, 2020 | economie | 0 commentaires



Un impact géant sur la Lune a porté les roches à plus de 2.000 °C

La Terre a conservé peu de traces de son histoire avant 4 milliards d’années. Ce n’est pas le cas de la Lune et les échantillons lunaires des missions Apollo peuvent être bavards à cet égard. Une nouvelle étude de l’un d’entre eux montre qu’il y a 4,3 milliards d’années des impacts portaient les roches à de hautes températures.

En 1969, le programme Apollo touchait au but avec le premier alunissage d’Homo sapiens sur la Lune. Apollo 11 marquait donc les premiers pas de la Noosphère en dehors du berceau de l’Humanité, un événement prophétisé par Constantin Tsiolkovski des décennies auparavant. D’autres missions lunaires allaient prolonger ces premiers pas les années suivantes, déposant sur la Lune divers instruments destinés à étudier par exemple les séismes lunaires ou à effectuer des tirs lasers sur des réflecteurs lunaires pour tester la théorie de la relativité générale.

Les roches lunaires d’Apollo 17

L’héritage de ces missions lunaires est bien vivant comme le prouve un article publié dans la revue Nature Astronomy et qui fait état de nouvelles analyses d’une célèbre roche lunaire rapportée sur Terre à la suite de la mission Apollo 17 en 1972. 76535 (51) Troctolite, c’est son petit nom, est un échantillon lunaire découvert et collecté dans la vallée de Taurus-Littrow. Il a une masse d’environ 156 grammes et mesure environ cinq centimètres de diamètre à son point le plus large. Il s’apparente aux roches plutoniques et mafiques découvertes sur Terre et qui se sont donc refroidies à partir d’un magma, donnant en l’occurrence une roche qui se compose essentiellement d’olivine et de plagioclases calciques avec une faible présence de pyroxènes. Elle a été récoltée par le géologue et astronaute Harrison Schmitt à qui l’on doit aussi la découverte du fameux « sol orange » au bord du cratère Shorty .

Des images impressionnantes de la mission Apollo 17 sur la Lune. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Timeline, World History Documentaries

L’équipe internationale de chercheurs, dirigée par le Musée royal de l’Ontario (ROM) derrière la publication dans Nature, annonce que des minéraux dans Troctolite 76535, comme on l’appelle aussi, prouvent que cette roche s’est formée à des températures de plus de 2.300 °C. C’est ce qu’indique la présence du minéral connu sous le nom de baddeleyite qui est une phase stable d’un autre minéral formé à ces hautes températures, le dioxyde de zirconium. Les cristaux de baddeleyite auraient en fait pris naissance sous cette forme il y a environ 4,3 milliards d’années et les températures aussi élevées déduites de leur présence impliquent que leur origine n’est en fait ni volcanique ni plutonique mais doit être attribuée à la chaleur dégagée par un important impact d’un petit corps céleste. Pour l’obtenir, il faudrait même que cet impact ait conduit à la formation d’un cratère dont le diamètre est d’au moins plusieurs centaines de kilomètres.

Troctolite 76535, une clé de l’histoire primitive de la Lune et de la Terre

La découverte a été commentée par plusieurs de ses auteurs dans un communiqué du Musée royal de l’Ontario. Lee White, boursier postdoctoral Hatch au ROM explique ainsi que : « Les roches sur Terre sont constamment recyclées, mais la Lune ne présente pas de tectonique des plaques ni de volcanisme, ce qui permet de préserver les roches plus anciennes. En étudiant la Lune, nous pouvons mieux comprendre l’histoire primitive de notre Planète. Si de grands impacts surchauffés créaient des roches sur la Lune, le même processus se produisait probablement ici sur Terre ».

Sa collègue Ana Cernok, également boursière postdoctorale Hatch au ROM et coauteur de l’étude, précise quant à elle que : « Bien qu’il soit plus petit qu’un millimètre, le grain de baddeleyite qui a attiré notre attention était le plus gros que j’aie jamais vu dans les échantillons Apollo. Ce petit grain détient toujours les preuves de la formation d’un bassin d’impact qui avait des centaines de kilomètres de diamètre. C’est important, car nous ne voyons aucune preuve de ces anciens impacts sur Terre ».

Des images de la région où la mission Apollo 17 a aluni en 1972, vue par la sonde japonaise Kaguya de la Jaxa. © JAXA/NHK

James Darling, à l’université de Portsmouth, ajoute de son côté que « Ces impacts de météorite d’une violence inimaginable ont aidé à construire la croûte lunaire, non seulement à la détruire ». La découverte alimente donc les recherches sur l’origine des roches crustales lunaires qui déconcerte parfois les sélénologues tant les couches externes et internes de la Lune semblent avoir été mélangées. Nous n’en sommes encore finalement qu’au début de la compréhension de la géologie lunaire qui progressera certainement si l’humanité établit une colonie importante et permanente sur la Lune.

Ce qu’il faut retenir

  • La Terre a conservé peu de traces de son histoire avant 4 milliards d’années en raison de l’activité de la tectonique des plaques. Ce n’est pas le cas de la Lune et les échantillons lunaires des missions Apollo peuvent être bavards à cet égard.
  • Une nouvelle étude de l’un d’entre eux, appelé Troctolite 76535 et rapporté sur Terre à l’occasion de la mission Apollo 17, montre qu’il y a 4,3 milliards d’années des impacts portaient les roches à de hautes températures supérieures à 2.300 °C lors de grands impacts.
  • En étudiant la Lune, nous pouvons ainsi mieux comprendre l’histoire primitive de notre Planète car si de grands impacts surchauffés créaient des roches sur la Lune, le même processus se produisait probablement ici sur Terre.

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